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Le Ballet à Cuba et aux États-Unis : un patrimoine cosmopolite

Publié: 2016.03.21 - 12:16:46   /  web@renciclopedia.icrt.cu  /  Cubarte
  

Le Ballet à Cuba et aux États-Unis : un patrimoine cosmopolitePeu d’arts possèdent une ascendance aussi cosmopolite dans ses origines et son développement ultérieur que le ballet, la plus ancienne des formes de la danse spectaculaire dans l’appelé « monde occidental ». S’il est vrai que le « balleto » est né en Italie durant la Renaissance, comme fruit de l’héritage de la danse populaire créée au Moyen-Âge et apporté dans les salons des courtisans par les maîtres de danse, ce n'est qu'au XVIIe siècle, en France, qu’il a atteint le rang professionnel.

En 1661, le roi Luis XIV a crée l'Académie Royale de la Danse, où a été établi le vocabulaire technique académique, la nomenclature pour les pas et les poses et les cinq positions de base des jambes et des bras, en vigueur jusqu'à nos jours.

Le développement de ce nouveau « ballet » a été le résultat d'une interaction continue entre les maîtres, les chorégraphes, les danseurs, les compositeurs et les scénographes provenant de différents pays. Des Italiens et des Français, dirigés par Vincenzo Galeotti et Antoine Bournonville, ont assis les bases de la troisième école, la danoise, fruit de l’œuvre créatrice ultérieure d’Auguste Bournonville, le fils du maître français mentionné ci-dessus.

Des représentants de ces trois écoles ont amené le ballet dans la Russie tsariste où, depuis 1734, ont été établies les bases de l'école russe, qui a eu comme principaux tuteurs l'Autrichien Franz Hilferding, l'Italien Gasparo Angiolini et le Français Charles Louis Didelot, les leaders du ballet d'action, et comme architecte suprême le Marseillais Marius Petipa, qui a guidé le destin de cette école entre 1869 et 1903.

La cinquième école, l’anglaise, est apparue au XXe siècle, grâce à des noms clefs tels que Ninette de Valois qui, comme tous les précédents, a réalisé le travail ardu de donner une autochtonie à un patrimoine essentiellement cosmopolite.

L'histoire du ballet cubain n'échappe pas à cette universalité d'influences, mais grâce à la vision claire de sa triade fondatrice : Alicia, Fernando et Alberto Alonso, ils ont su assimiler le précieux héritage étranger sans renoncer à la sève riche de ses racines, en les aérant et en les enrichissant dans une vibration universelle, suivant les conseils du sage Don Fernando Ortiz, à l'aube de la fondation de notre première compagnie professionnelle, il y a soixante-huit ans.

Notre ballet a été soutenu, comme dans la plupart des pays, par des apports étrangers, en particulier ceux provenant de compagnies et de personnalités françaises et espagnoles, ainsi que par les liens étroits avec les États-Unis qui, en raison de sa situation géographique, est devenue une escale pour de renommés exposants du ballet européen dont le but étaient de conquérir les publics du Nouveau Monde.

Le journal Papel Periódico de La Habana nous a laissé la première preuve écrite d'un ballet mis en scène sur l'île : Los leñadores, dont la première a eu lieu dans le théâtre El Circo, le 28 septembre 1800, interprété par M. Anderson, un danseur et chorégraphe étasunien duquel nous ne possédons pas d'autres informations.

De notables personnalité sont venues dans la Cuba coloniale, venant des États-Unis, comme le Français Jean Baptiste Francisqui qui, en 1803, a mis en scène dans le Théâtre Principal de La Havane, les oeuvres Noverre et Dauberval, qui ont eu le même succès que dans les salles de Charleston et New York.

Cuba partage avec les États-Unis la gloire d'être les seuls pays américains visités par la célèbre autrichienne Fanny Elssler, qui a montré le style romantique et la danse sur pointe dans les deux pays. Elle est arrivée sur le bateau Hayne le 14 janvier 1841, provenant de la ville de Charleston, pour sa première saison havanaise, revenant en mars 1842, après avoir eu un grand succès et obtenu l’admiration des Étasuniens, dont celle du président Martin van Buren.

Le danseur français Paul Philippe Hazard est arrivé en 1843, provenant de Philadelphie, le principal centre de ballet des États-Unis, où il avait fondé la première grande école de ballet dans cette ville et où se sont formées les trois figures clefs du romantisme de ce pays : Augusta Maywood, Mary Ann Lee et George Washington Smith. Paul Philippe Hazard a apporté à Cuba le legs français et les expériences accumulées aux États-Unis au cours de ses saisons dans le Grand Théâtre Tacón, où il a dévoilé un vaste répertoire comprenant des œuvres aussi célèbres que Le Dieu et la bayadère et Robert le diable, les deux de Filippo Taglioni, le plus important des chorégraphes de l'Opéra de Paris.

D’autres personnalités et d’importantes compagnies sont arrivées des États-Unis, comme Los Ravel (entre 1838 et 1865) offrant à Cuba la première d’une version complète de Giselle, le 14 février 1849, interprétée par Enriqueta Javelli-Wells, une célèbre danseuse du Park Thaâtre de New York. Les Monplaisir - Adèle e Hyppolite-, ce dernier étoile de l'Opéra de Paris et partenaire de la célèbre Maria Taglioni, sont venus avec leur compagnies, encore enchantés de leurs succès à New York et à Nouvelle-Orléans, la ville d’où il venaient sur le brigantin Titi, en février. Ils sont revenus pour une deuxième saison en 1851.

Durant la période coloniale, nous avons eu aussi la visite de la compagnie Las Cuarenta y Ocho Niñas de Viena et de la danseuse franco-allemande Augusta Saint James, établie aux États-Unis depuis 1837, qui a apporté son théâtre dans le théâtre havanais El Circo et dans les villes de Cienfuegos, Trinidad et Puerto Príncipe, l'actuelle Camagüey.

Après l'indépendance de l'Espagne, la culture de la danse des Cubains s’est enrichie avec les visites de la grande étoile russe Ana Pavlova, en 1915, 1917 et 1918, qui avait les États-Unis comme centre pour sa conquête des publics d’Amérique Centrale et du Sud.

Le lien le plus significatif du ballet cubain et étasunien a commencé en 1937, quand Alicia et Fernando Alonso se sont rendus à New York pour enrichir leurs connaissances et initier une carrière comme danseurs professionnels.

Ils sont arrivés quand ce pays faisait ses premiers pas pour la création d'un ballet véritablement étasunien, un fait comptant leurs participation dans les comédies musicales, dans l’École et le Ballet Modkin, la School of American Ballet, l'American Ballet Caravan et le Ballet Theatre, où, à partir de 1940, notre illustre compatriote a cimenté sa célébrité mondiale.

Son début triomphal dans Giselle, le 2 novembre 1943 dans le Metropolitan Opera House de New York, est une partie indissoluble de l'histoire du ballet aux États-Unis, avec la même luminosité des apports fondamentaux et créatifs de grandes personnalités telles que Lincoln Kirstein, Balanchine, les frères Christensen, Eugène Loring, Lucia Chace, Nora Kaye ou Jérôme Robbins, avec qui elle a travaillé directement.

Les Alonso, y compris Alberto, ont également dansé avec le Ballet Theatre de New York et ils ont fait des incursions dans des comédies musicales et des films à Hollywood avec Fred Astaire et Ginger Rogers, ils ont imaginé avec leurs collègues étasuniens la possibilité de créer une compagnie professionnelle de ballet à Cuba, un rêve qui s'est concrétisé le 28 octobre 1948, avec la collaboration décidée de figures telles que Melissa Hayden, Barbara Fallis et Royes.

Les chefs d’orchestre Max Goberman et Ben Steinberg, ont partagé durant des années avec les cubains les vicissitudes de notre ballet lors de la période antérieure à 1959.

Au cours de sa carrière étasunienne, lors de laquelle elle a été proclamée « la plus grande Giselle contemporaine, la première Dame du ballet » et « la plus grande danseuse étoile des États-Unis », Alicia a été la première figure de la danse du continent américain, elle a été invitée dans les principaux théâtres de l'ex-Union Soviétique lors de la saison 1957-1958, un honneur qu'elle a reçu en tant que représentante de l'art de Cuba, sa patrie, et des États-Unis, son berceau professionnel.

L’étroite relation du ballet entre Cuba et les États-Unis a un fait suprême le 28 juillet 1975, quand Alicia a reçu l’une des plus chaleureuses et vibrante ovations écoutées dans le New York State Theatre, lors de son retour sur les scènes étasuniennes après quinze ans d'injuste refus de visas pour entrer dans ce pays.

Lors de cette soirée, une grande banderole blanche portant l’inscription : « Alicia, bienvenue nouvellement chez toi » a été déployées depuis les balcons du gigantesque théâtre. Un texte qui synthétisait une belle histoire d'art et d’amitié, une juste reconnaissance qui a été ratifiée quatre ans plus tard quand elle a été nommée Membre du Comité Artistique du Kennedy Center pour les Arts Scéniques, de Washington, qui comptait des personnalités ayant données un apport exceptionnel à la culture étasunienne. Pour cette occasion elle a été reçue à la Maison Blanche par le président James Carter.

Le contact de peuple à peuple, dont on parle tellement maintenant, n'a jamais été rompu entre les représentants des mouvements de danse des deux pays. En 1974, j'ai eu l'honneur de présenter Cynthia Gregory et Ted Kivitt au public cubain, les premiers danseurs étasuniens se présentant à Cuba après la rupture des relations diplomatiques entre nos deux pays.

Je me souviens de la chaleureuse ovation qui les a accueilli cette soirée, et les suivantes, durant leurs représentations dans le 4e Festival International de Ballet de La Havane, un événement qui avait compté la présence de notables compagnies de ballet des États-Unis, dont l'American Ballet Theatre (ABT), le Ballet de Washington et un ensemble de premiers solistes du New York City Ballet.

Le Ballet National de Cuba a réalisé 10 tournées dans 38 villes des États-Unis avec un fervent accueil, et divers chorégraphes, dont Jérôme Robbins, William Forsythe, Alvin Ailey ou Karole Arrmitage, ont créé ou cédé généreusement leurs oeuvres au répertoire du Ballet National de Cuba ou aux programmations des Festivals havanais.

Au cours des quinze dernières années, José Manuel Carreño, notre premier danseur et celui de l’ABT, a été acclamé comme « le danseur le plus noble de la scène étasunienne » et un grand nombre de nos danseurs ont donné du prestige et en donnent encore aujourd’hui aux principales compagnies de ballet étasuniennes et ils ont mérité les plus hautes reconnaissances dans des concours, tels que ceux de New York et de Jackson.

J'ai été récemment honoré par un invitation afin d’offrir des conférences sur l'histoire du ballet à Cuba dans les universités de Princeton et du Texas, et de partager des expériences avec des représentants du Texas Ballet, de l’American Ballet Theater et du Ballet Hispanique, à New York ; du Miami City Ballet et du Ballet New Generation, de Tampa. Jj’ai pu sentir la présence d’une admiration partagée, depuis plus d'un demi-siècle, par le phénomène unique qui entoure l'école cubaine de ballet, la plus jeune des six apparues en quasi un demi millénaire et très connue aux États-Unis.

Une relation historique, qui, dans ces nouveaux temps, réaffirme sa projection vers le futur.

* Historien du Ballet National de Cuba

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