Ana Betancourt de Mora, un nom qui ne connaît pas le temps et qui rappelle la légion de femmes cubaines du XIXe siècle ayant fait preuve de courage, de grandeur pendant nos guerres d’émancipation.
L’histoire décrit la vie de cette héroïne originaire de Camagüey qui, à 35 ans, a renoncé à la vie paisible, au rayonnement personnel dans l’élégance de grandes salles de sa société pour prendre le maquis pressée par la persécution pour ses travaux clandestins : rédaction et distribution des tracts, interventions dans des réunions conspiratives, adhésions des patriotes à la lutte, membre du Comité révolutionnaire de sa ville natale, Puerto Principe, « le pays des jarres » à cette époque-là.
Le 14 avril 1869 elle a élevé sa voix à l’Assemblée constitutive à Guaimaro. José Marti en a fait référence dans ses écrits : »(…) femme au discours vibrant … elle annonce que le feu de la liberté, les affres du martyre ne pressent pas plus en ’âme et conscience les hommes que les femmes cubaines ».
Après ce discours, même Carlos Manuel de Cespedes l’a embrassée. Certes, il était étonné du courage d’Ana. Il a démontré son admiration pour cette femme qui avait conquis sa place dans l’histoire parce que, selon lui, « elle avait anticipé son siècle en demandant l’émancipation des femmes ».
C’est à cause de son activité séditieuse continuelle et de sa discrétion invariable que les troupes espagnoles l’ont déportée de sa précieuse patrie. Pendant son émigration, elle a passé par les États-Unis, La Jamaïque, Le Salvador et l’Espagne. Elle est retournée à Cuba après le Pacte du Zanjon (1878) mais malheureusement elle a dû repartir en Espagne, elle y est morte le 7 février 1901 tenue à distance, âgée et malade.
Grâce aux démarches infatigables du haut commandement de la Révolution notamment de l’héroïne des montagnes et des plaines Celia Sanchez Manduley, sa dépouille mortelle a été apportée à Cuba 67 ans plus tard, le 26 septembre 1968, année du centenaire du Grito de Yara (Cri de Yara).
Les Havanais lui ont rendu hommage avec un cortège solennel lorsque ses restes ont été déposés au pied du monument José Marti, à la Place de la Révolution. Aux premières files, les jeunes filles et les adolescentes d’autrefois, émues mais fermes, celles que la Révolution triomphante avait organisées dans les Écoles pour Paysannes Ana Betancourt, créées par la Fédération des Femmes cubaines.
Il faudra perpétuer l’héritage de cette exceptionnelle femme émancipatrice, la fidélité à ses idées parce qu’elle symbolise patriotisme conséquent, loyauté sans limites, fermeté de principes, capacité de s’engager aux intérêts communs au détriment du bien-être personnel.
De nos jours, sa grandeur demeure incommensurable. Elle incarne la lutte en faveur de la justice sociale et de l’égalité des femmes : des principes que prônent les Cubaines d’aujourd’hui quel que soit le secteur de la société auquel elles appartiennent d’où notre projet social conçu depuis 1959 qui légitime les rêves de cette éminente femme
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