Les propositions de l’ICAIC (Institut cubain de l’Art et de l’Industrie cinématographiques) ont toujours été très bien accueillies dans notre panorama cinématographique contemporain. Tous les cinémas ont passé le nouveau film de Gerardo Chijona "Los buenos demonios" (Les bons diables). L’idée a surgi à partir d’un projet inachevé d’un autre réalisateur prestigieux cubain, Daniel Diaz Torres à qui le film rend hommage.
Dans une conférence de presse, Chijona a déclaré que le film respecte le scénario original et que toute l’équipe, y compris les acteurs, se réjouissait d’avoir matérialisé ce vieux rêve. La réalisation excelle grâce à des acteurs de luxe, des personnalités renommées du cinéma cubain à savoir Isabel Santos, Enrique Molina, Vladimir Cruz, Aramis Delgado. Certains d’entre eux faisaient partie du projet initial de Daniel Diaz Torres.
Le rôle principal est joué par Carlos Enrique Almirante: Tito, jeune, chauffeur de taxi et assassin. Aux premières minutes de projection, le spectateur pourrait penser qu’il s’agit d’un film policier ou d’un suspense. Cependant, le film évade totalement les chemins traditionnels des deux genres. Ce n’est qu’un prétexte pour montrer, parfois ponctuellement, quelques conflits de la réalité cubaine d’aujourd’hui.
Le film aborde des sujets tels que la perte d’une morale définie, de l’intérêt pour le bien-être d’autrui, la corruption, l’injustice et encore l’émigration. Ces problématiques sont représentées par des personnages, certains d’entre eux n’apparaissent que brièvement, qui montrent leurs points de vue critiques sur le contexte social actuel.
Cette diversité thématique dans Que diable ! disperse quelquefois l’argument. L’idée centrale ou l’objectif du film se perd ainsi que le cœur du personnage principal. Le spectateur est contraint de discerner les raisons psychologiques (et non matérielles) que poussent Tito à commettre ces crimes.
Au dire de Chijona, le personnage n’est ni psychopathe ni bipolaire mais un homme pragmatique qui a trouvé une alternative pour résoudre ses problèmes économiques. Cependant, dans une scène, Tito avoue ressentir un certain plaisir physique dans l’acte de tuer.
Malgré tout, le travail de Carlos E. Almirante est à louanger. Il dégage une conviction et une neutralité déconcertantes qui déclenchent encore plus de questions et d’inquiétudes sur la véritable nature du personnage. Tous les autres acteurs jouent un rôle remarquable ce qui contribue à contrecarrer l’effet bizarre voulu par la photographie et par la quasi absence de bande sonore.
Parvenir à découvrir l’essence de ce film reste le défi pour le spectateur tantôt par les rires, tantôt par l’attente de réponses.
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